EPISODE 2.
Le système d'alarme du Core était directement relié à toutes les pièces de l'Underground Dream. Et pouvait déclencher une alarme sonore à la moindre intrusion, même si jusque là, cela n'était jamais arrivé. En effet, les codes d'ouverture étaient changés toutes les semaines, selon un algorithme aléatoire, et à la connaissance seule de Tony. Il fallait donc que celui-ci les transmette aux autres membres de l'U.D., chaque fois différemment, pour brouiller les pistes.
Il était également prévu un contrôle régulier auprès des ordinateurs de toutes les polices du monde, pour vérifier si une fuite concernant l'existence de l'U.D. n'avait pas eu lieu.
Autant dire que ce sanctuaire luxueux était tout simplement impénétrable.
Pourtant cette nuit, le Bip du Core s'est enclenché et est en train d'envoyer un signal dans la chambre "Alhambra". La petite cellule vibrante intégrée dans le montant du lit et reliée au réseau général de surveillance commence à s'activer.
Cette fois-ci, c'est Jean qui se réveille le premier.....dans un premier temps, il ne comprend pas ce qui se passe et s'apprête à réveiller sa compagne. Mais, dans une fraction de seconde, son cerveau l'alerte de n'en rien faire.
Son coeur bat à tout rompre. Il est en sueur. Il a peur. Sa main tatonne le montant du lit qui est en train de vibrer et ce qu'il craignait se confirme : quelqu'un vient bien d'entrer dans leur lieu secret.
Prenant sur lui, il se glisse très doucement hors du lit et à pas feutrés se dirige vers la salle de bain. Il appuie sur une des mosaïques rectangulaires qui tapissent le sol, juste à côté de la douche : en même temps, un déclic se fait entendre et c'est le miroir au dessus du lavabo qui coulisse sur le mur, laissant place à une petite armurerie. Il se saisit d'une arme de poing avec silencieux, très légère et s'empare également d'une seringue hypodermique.
Depuis, leur dernière opération commando en Californie (voir Le Tome 1), l'ensemble de l'équipe, maintenant aguerrie aux armes d'assault a décidé de mettre en place un protocole de défense en cas d'intrusion. Chaque équipier connaît par coeur la procédure.
Mais Jean ne s'attendait pas vraiment pas à ce que ca arrive un jour et surtout à ce que ca tombe sur lui.
Pour bien analyser la situation il doit rejoindre le Core et ainsi accéder aux caméras. Mais d'abord, réveiller Carla discrètement. Il s'approche d'elle, la secoue légèrement, puis plus fort.....
-hummm, what's going on ?.....(carla)
-(Jean une main posée sur la bouche de Carla) : chuuuttttt......wake up....we have a problem....
Carla est terrorisée, elle n'ose pas bouger. Jean l'entraîne doucement sous le lit et lui demande de rester là.
-Stay there.....i'll be back.....(Jean). La main de Carla le retient mais il doit y aller.....petit sourire rassurant de Jean.
Il s'approche de la porte de la chambre, et fait jouer la poignée pour l'ouvrir. Il se glisse à l'extérieur.
Carla, sous le lit, est totalement paniquée. Pour se calmer, elle tente une respiration abdominale : cela l'apaise un peu : plus facile pour réfléchir.
Soudain....un bruit de vase brisé à l'extérieur de la chambre.....puis un hurlement .......
N'y tenant plus, elle s'extrait de sa cachette, totalement affolée. Oubliant le protocole, elle allume la chambre, se précipite dans la salle de bains, prend un mini-gun (petit fusil à pompe de très courte portée) dans l'armurerie encore ouverte, met une paire de lunettes nocturnes et sort.
Elle avance dans le patio, ses deux mains tremblantes cramponnées au mini-gun....les lunettes lui assurent une vision parfaitement nette de son environnement immédiat, quoique légèrement teintée en rouge.
-Jean......are you there ? (Carla)
aucune réponse, aucun bruit
-Is someone there ?
silence absolu. Elle traverse le patio et continue d'avancer vers l'ascenseur. Brusquement, elle sent comme un souffle froid lui frôler la nuque. A travers ses lunettes, elle a à peine le temps de distinguer comme une ombre qui fuit vers l'ascenseur.
Elle hurle :
-The Core !!!! open the light !!!!!!!
Tout le patio s'allume. Carla arrache ses lunettes, braque son mini-gun en direction de l'ascenseur et tire.....un coup....deux coup....trois coups....
L'ascenseur est criblé de balles mais visiblement il ne s'est pas ouvert et Carla n'a touché personne
-fucking shit !!!!!! who are you ?..........
Au bruit des détonations, le Core, reconnaissant le son "armes à feu", a déclenché l'alarme maximale et l'ordinateur appelle Tony sur son Pda pour le prévenir de la situation.
-(Tony, alerté) : Marcia, y a un gros problème là-bas...il faut que j'y aille tout de suite...
-Jé viens avec toi...
-Non, reste là, ca peut être dangereux...
-éh...Danger c'est mon.....
-Oui, je sais, Danger c'est ton deuxième prénom....sauf que là, je te supplie de rester ici....s'il te plaît....
-Ok, mais appellé-moi dès qué possible....
-t'inquiète pas....
En arrivant sur les lieux, Tony a le temps de noter que l'entrée n'a pas été forçée....bizarre pour une intrusion.
Il se dirige rapidement vers le panneau de contrôle du "Core" et découvre la scène au deuxième sous-sol. Il récupère une trousse de soins et se précipite vers ses amis.
Carla est agenouillée auprès du corps inanimé de Jean, complètement en pleurs.
-ohhh, Tony......look at my Jean, he's in bad shape....
-attends, je regarde.....non, apparemment il est pas blessé...simplement en état de choc...son pouls s'est considérablement ralenti : je vais lui faire une injection d'adrénaline, ca va le réveiller.
Tony enfonce l'aiguille dans l'avant-bras de Jean. Celui-ci se réveille brusquement et se met à hurler : " y a des fantômes ici, y a des fantômes !!!!!!! je les ai vu !!!!!!
-Jean, regarde-nous, on est là avec toi, calme-toi....il n'y a que toi, Carla et moi.
Jean, le souffle court, pose un regard visiblement encore terrorisé sur Tony.....
Une heure plus tard, et après avoir inspecté les lieux, Tony constate que rien n'a été volé, rien déplacé, aucune trace d'effraction. Il va dans la cuisine se chercher un café puis s'installe dans un siège confortable à l'intérieur de la salle de projection du "Core". Ses deux amis sont retournés dans la chambre pour se reposer.....en ce moment, Carla veille sur Jean.
(Tony s'adressant à l'ordinateur) : ok le "core", peux-tu me dire ce qui s'est passé ?
Le Screenview s'allume alors avec en inscrustation les caméras de surveillance. La voix féminine synthétique commence son exposé, étayé par les images à l'écran :
"TROIS HEURES DU MATIN......LE SECURITY SYSTEM DETECTE UNE SUBSTANCE INCONNUE......LA CAMERA 1-B DU PREMIER SOUS-SOL PREND EN POURSUITE DEUX FORMES NON IDENTIFIEES QUI SE DIRIGENT VERS L'ASCENSEUR PRINCIPAL........LE SECURITY SYSTEM FAIT UNE RECHERCHE SUR LA SUBSTANCE MAIS ECHEC : PAS DE TRACE D'HYDROGENE.....PAS DE TRACE DE CARBONE....AU DEUXIEME SOUS-SOL, LA CAMERA 2-A PREND EN POURSUITE LES FORMES.......TROIS HEURES DIX ......L'ALERTE S'ENCLENCHE CAR LE SYSTEME JUGE QUE LE DEPLACEMENT DES FORMES EST STRUCTURE ET COHERENT.....TROIS HEURES QUINZE....."MONSIEUR JEAN" SORT DE LA CHAMBRE ALHAMBRA......IL RECULE DANS LE PATIO....IL HEURTE UN VASE.....LE VASE TOMBE....LES FORMES SONT SUR LUI....IL S'EVANOUIT A TROIS HEURES DIX-NEUF....TROIS HEURES VINGT-QUATRE...."MADEMOISELLE CARLA" SORT DE LA CHAMBRE, EQUIPEE D'UN FUSIL MODELE 440-ZU ET DE LUNETTES MODELE INFRA-015.......LES FORMES AMORCENT UN DEPLACEMENT VERS L'ASCENSEUR....TROIS HEURES TRENTE ET UNE...L'ECLAIRAGE EST ENCLENCHE PAR ORDRE VOCAL......."MADEMOISELLE CARLA" TIRE TROIS SALVES DE FUSIL.....ALERTE NIVEAU 4 ENCLENCHEE......LE SYSTEME NE DETECTE PLUS LA SUBSTANCE.....AUCUNE CAMERA EN POURSUITE.
Tony, relativement décontracté au début de l'exposé est maintenant en proie aux plus vives inquiétudes. Ses mains sont moites, il a la gorge nouée....Il se rend compte que sa chemise est complètement trempée.
Toutefois, une partie de son esprit reste pondérée et calme. Il trouve la force de s'adresser à l'ordinateur :
-Merci, le "Core", cet exposé était excellent et le système a pris les bonnes décisions par rapport à cette situation.....bon boulot !!!!!
-MERCI TONY.........
-(Tony, à lui-même) : Ceci dit, là, j'ai vraiment besoin d'une bonne douche et d'un double scotch......d'un triple scotch.
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Plusieurs jours après cette nuit très mouvementée.
Carla n'est pas au mieux. En fait, depuis ces derniers évènements, elle ne se sent plus en sécurité...ni dans sa suite du Martinez, ni dans le Underground Dream, supposé être un bastion inexpugnable. Petit à petit, elle s'enfonce dans une sorte de dépression que ni les paroles rassurantes de Tony, ni les bons petits plats de Marcia, ni les gestes câlins de Jean ne peuvent stopper.
Tout le monde est très inquiet pour elle. Elle s'enfonce inexorablement.
Pourquoi elle, se demande-t-elle.....qui sont ces étranges fantômes qui viennent la hanter toutes les nuits, jusqu'à se faire de plus en plus hardis ? que veulent dire ces messages ?
Ce matin, elle décide de prendre l'air au bord de la mer, histoire de mettre son humeur maussade au diapason de ce temps d'automne très pluvieux. Jean ne peut la retenir, ni même l'accompagner. Elle a besoin de rester seule.
Elle marche, le long de la plage, ses jolis yeux embués, quelques mèches de ses cheveux roux collés sur ses joues. Tous ses projets, ses envies, sont réduits à néant.
Un homme d'une quarantaine d'années, peut-être la trentaine, la croise dans sa triste promenade. Il la regarde, la fixe, puis lui sourit...Elle se dit qu'il a l'air triste aussi mais son regard pourtant la touche...un regard noir, profond, intense. Elle répond à son sourire et continue son chemin. Mais quelque pas de plus et elle s'arrête....se retourne.....l'homme aussi s'est retourné et la regarde toujours.
Il la rejoint :
-Bonjour....(l'homme mystérieux)
-Hello.....(Carla)
-Vous êtes très belle....
-oh, thank you
-Je veux dire, même triste, vous restez très belle.....
-Vous me connaissez ?
-oui, je crois.....je suis très amateur de films fantastiques et je suis sûr de vous avoir déjà vu dans l'un de ces films......mais là, vous êtes plus belle encore....vous êtes vous-même, naturelle.....
-oh...thank you...really....et vous....qui êtes-vous ?
-peut-être celui qui pourrait vous aider...
Carla se prend d'un petit rire qui en même temps la soulage.
-Vous croyez que j'ai besoin d'aide ?
-Oui, je le crois....but take your time, Carla.....if you want to see me again, i will be there.....et l'homme doucement fait demi-tour et repart à pas lents, la tête légèrement penchée.
Carla cette nuit-là dormit beaucoup mieux. Quelque chose dans cette rencontre l'avait apaisée.
Le matin suivant elle était beaucoup plus détendue et Tony, Marcia et Jean s'en réjouirent.
Elle n'avait qu'une envie : repartir se promener sur la plage et rencontrer cet homme. Ce qu'elle fit le lendemain.
-Hey, how are you ? (Carla saluant son compagnon de promenade)
-Fine......ohh, i see that you too....
-Yeah....feel better....but i think i should go and see a psychiatrist.....he could help me
-Yeah, maybe it's a good first step...
-what do you mean ?......
-je pense que je peux vous aider....mais prenez votre temps....et allez voir votre spécialiste avant..nous nous reverrons....
Carla ressentait une étrange sensation. Non seulement cet homme l'apaisait mais elle se sentait attiré par lui, malgré ses sentiments pour Jean. Ce type avait quelque chose de spécial.
Le lendemain, elle prit rendez-vous avec un psychiatre de Cannes pour lui parler de ses problèmes.
-Mademoiselle, je vous assure.....Vous allez bien....simplement vous vivez des moments difficiles...quelqu'un essaie visiblement de vous nuire..ou peut-être de vous alerter...cela vous rend triste, ce qui est tout à fait normal.....mais vos amis sont là....et aussi quelqu'un d'autre je crois...(le psychiatre)
-Quoi ? pourquoi dites-vous ca à moi ?
-Et bien, votre comportement dégage une certaine sérénité, il semblerait que vous soyez plus apaisée que vous ne le croyez....j'en conclus que vous avez dû faire une rencontre intéressante ces derniers jours.....une rencontre qui vous apporte du réconfort....peut-être plus....vous êtes très belle Carla Moore : prenez-soin de vous.
FIN DU 2EME EPISODE.

